Colombie : Attaque meurtrière contre les forces de sécurité

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L’armée colombienne a été la cible mercredi d’une attaque particulièrement meurtrière menée par l’Armée de Libération Nationale (ELN).

 

Les faits

34 soldats colombiens ont été attaqués mercredi à l’aube par des membres de l’Armée de Libération Nationale à El Caguey, une zone rurale de la municipalité de Chitaga (département de Norte de Santander, Nord-est). Selon le dernier bilan officiel, 10 militaires ont été tués, ce qui fait de cette action subversive l’attaque la plus meurtrière commise cette année par une organisation rebelle en Colombie. 11 soldats ont également été blessés et un autre capturé par des membres de l’ELN.

L’Armée de Libération Nationale

L’Armée de Libération Nationale, le deuxième groupe rebelle d’extrême-gauche le plus important du pays après les FARC, a été fondée en 1964 en s’inspirant de l’exemple de la révolution cubaine qui a porté Fidel Castro au pouvoir en 1959. L’ELN a été pendant plusieurs décennies une véritable guérilla d’inspiration marxiste-léniniste dénonçant les inégalités sociales et prônant la prise de pouvoir par les masses populaires. Dans les années 1990, ce groupe, considéré comme terroriste par plusieurs pays (Colombie, Etats-Unis, Canada et Union Européenne), s’est scindé entre le Front Domingo Lain, qui refuse toute négociation de paix et le Courant de Rénovation Socialiste, qui a cessé la lutte armée. Les guérilléros de l’ELN, qui seraient aujourd’hui environ 1 500[1], sont principalement présents dans les départements de Norte de Santander, Arauca, Cesar, Antioquia, Cauca, Nariño et Valle del Cauca ainsi que dans le sud du département de Bolívar. Sur le modèle des FARC, les rebelles de l’ELN ont en partie délaissé la lutte idéologique au cours de la dernière décennie pour se consacrer principalement à des activités criminelles comme le narcotrafic[2], l’extorsion et l’enlèvement.

Le processus de paix

Bien que l’ELN ait fait part à plusieurs reprises de sa disposition à entamer un dialogue avec les autorités, cette organisation n’a pour le moment pas été conviée aux négociations de paix qui se déroulent depuis novembre dernier à La Havane entre le gouvernement colombien et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC).

L’augmentation des actions subversives menées par l’ELN au cours des derniers mois, en particulier les attaques meurtrières contre les forces de sécurité et les kidnappings de ressortissants étrangers, pourrait être un moyen de pression utilisé par cette organisation pour être admis à la table des négociations.


[1] Contre 4 000 membres à la fin des années 1990 selon un rapport du ministère de la défense colombien publié en décembre 2012.

[2] Les bénéfices générés par le narcotrafic seraient d’ailleurs à l’origine de la résurgence de l’ELN au cours des dernières années.

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