Week-end meurtrier au Honduras

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Ce week-end a été particulièrement meurtrier au Honduras. L’occasion de revenir sur la situation sécuritaire de ce pays, le plus dangereux à l’échelle mondiale[1].

Les chiffres

Selon le journal hondurien El Heraldo, au mois 6 personnes ont été abattues ce week-end en l’espace de 24 heures, dont 2 dans le district capitale du pays[2].

La situation sécuritaire du Honduras s’est nettement dégradée au cours des dernières années. Le taux d’homicides a ainsi atteint 85,5 pour 100 000 habitants en 2012. Il s’agît du chiffre le plus élevé à l’échelle mondiale pour un pays exempt de conflit armé déclaré. A titre de comparaison, le Mexique, pourtant considéré comme l’un des pays les plus dangereux de la planète, enregistre 24 homicides pour 100 000 habitants.

Au niveau géographique, les zones les plus criminogènes se situent le long de la côte caraïbe (Nord), à proximité de la frontière avec le Guatemala (Ouest) et dans le département central de Francisco Morazán où se trouve Tegucigalpa, considérée comme la capitale la plus dangereuse du monde. San Pedro Sula (département de Cortés, Nord-ouest), la plus grande ville industrielle du pays, est pour sa part considérée comme l’agglomération la plus meurtrière à l’échelle mondiale.

Si la population locale est la plus touchée par la violence, les ressortissants étrangers sont également pris pour cible. 24 citoyens américains ont ainsi été assassinés au Honduras depuis janvier 2010. De nombreux voyageurs occidentaux ont également été victimes de vols avec violence au cours des derniers mois.

Les causes de la violence

La précarité du contexte sécuritaire local s’explique par une multitude de facteurs.

Le premier concerne la présence des Maras. Ces gangs de rue typiques d’Amérique centrale, composés d’adolescents et de jeunes adultes, se consacrent à des activités criminelles, telles que le meurtre, l’enlèvement, l’extorsion, la prostitution forcée, le trafic de drogue et de personnes. Les Maras ont connu, au cours de la dernière décennie, un essor considérable au Honduras, inhérent au très haut niveau de pauvreté (67% de la population, le taux le plus élevé du continent). Aujourd’hui, plusieurs centaines de Maras s’affrontent pour le contrôle des territoires urbains au Honduras. De nombreux quartiers de Tegucigalpa et San Pedro Sula vivent désormais sous la domination de ces groupes, lesquels n’hésitent pas à imposer des couvres-feux et à exiger un « impôt de guerre » aux habitants et aux commerçants.

Le Honduras, et plus généralement l’Amérique centrale, est par ailleurs devenu une zone stratégique pour le transit de la cocaïne sud-américaine destinée au Etats-Unis. Les cartels mexicains, les plus puissantes organisations criminelles du continent, s’affrontent désormais pour le contrôle des points de passage de la drogue dans certaines régions du Honduras, par l’intermédiaire d’organisations criminelles locales.

Enfin, la corruption particulièrement répandue au sein de la police, la faiblesse des institutions et le manque de moyens de l’Etat expliquent l’incapacité du gouvernement à lutter efficacement contre les nombreuses organisations criminelles présentes dans le pays.


[1] Au niveau du taux d’homicides.

[2] Cette zone regroupe les villes de Tegucigalpa et Comayagüela.

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