Venezuela : Risque de violences politiques à l’occasion du 1er mai

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Des manifestations en faveur du parti au pouvoir et de l’opposition pourraient entraîner la paralysie de Caracas ainsi que des débordements mercredi 1er mai.

Des rassemblements à risques

Le nouveau Président vénézuélien, Nicolás Maduro, et le chef de l’opposition, Henrique Capriles, ont appelé leurs partisans respectifs à manifester à l’occasion de la journée du travail, mercredi 1er mai. Il s’agit pour le premier de démontrer que la révolution bolivarienne bénéficie toujours du soutien massif de la population malgré la mort d’Hugo Chavez alors que le second entend protester contre les politiques gouvernementales et contester le résultat de la dernière élection présidentielle.

Ces manifestations sont susceptibles de rassembler plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues de Caracas. Au vue des tensions politiques actuelles, des heurts entre sympathisants de l’opposition et du gouvernement pourraient être observés. 9 personnes ont déjà été tuées et 78 autres blessées dans des violences postélectorales depuis le 14 avril.

La situation politique actuelle

Deux semaines après l’élection présidentielle, la situation politique demeure tendue au Venezuela. Ainsi, Henrique Capriles refuse toujours de reconnaître la victoire de Nicolás Maduro, qu’il qualifie de « vol ». Le leader de l’opposition a par ailleurs annoncé qu’il contesterait officiellement le scrutin du 14 avril devant le Tribunal Suprême de Justice (TSJ) si le Conseil National Electoral (CNE) refusait de procéder à un audit « complet » des résultats. Si le CNE a accepté de mener un audit[1] sur les 46% des votes restants[2], cet organe électoral a en revanche repoussé certaines demandes d’Henrique Capriles telles que la révision des registres contenant les signatures des électeurs et leurs empreintes digitales.

En refusant de reconnaître le résultat de l’élection, Henrique Capriles entend affaiblir le nouveau Président, en le privant de légitimité et en réduisant ainsi ses marges de manœuvres pour gouverner.

De son côté, le camp chaviste ne reste pas inactif. Pour reprendre la main, Nicolás Maduro et ses conseillers ont décidé de miser sur la proximité avec la population via le projet de “gouvernement dans la rue”. Le nouveau Président a ainsi annoncé qu’il parcourra le pays avec ses ministres pour recueillir les critiques et les propositions des vénézuéliens. Cette initiative permettra, selon le parti au pouvoir, d’apporter un nouveau souffle au processus révolutionnaire et de corriger ses insuffisances. Par ailleurs, l’ancien chef de la diplomatie vénézuélienne a promis de faire de la lutte contre l’insécurité, un sujet d’inquiétudes majeur pour une majorité de la population, l’un des objectifs prioritaires de son mandat.

Au niveau international, Nicolás Maduro a reçu d’importants soutiens, notamment de la part des principaux dirigeants latino-américains. La plupart des pays occidentaux, à l’exception notable des Etats-Unis, ont par ailleurs reconnu l’héritier désigné d’Hugo Chavez comme le nouveau Président vénézuélien.


[1] Au Venezuela, les élections ont lieu sur des machines à voter. L’audit consistera donc à comparer les votes venant de chaque machine avec les reçus individuels issus par la même machine. Il se déroulera entre le 6 mai et le 4 juin.

[2] 54 % des votes avaient déjà été vérifiés le jour de l’élection, conformément aux règles électorales vénézuéliennes.

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