Situation postélectorale tendue au Venezuela

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Plusieurs personnes sont mortes hier dans des violences postélectorales. De nouveaux incidents pourraient être observés dans les prochains jours en cas de persistance du climat politique délétère. 

Les faits

Au moins 7 personnes ont été tuées et 61 autres blessées hier dans des troubles postélectoraux sur l’ensemble du territoire vénézuélien. Par ailleurs, 135 personnes ont été arrêtées suite à ces violences.

Selon les représentants du parti au pouvoir, des sympathisants de l’opposition auraient pris pour cible des partisans chavistes ainsi que la présidente du Conseil National Électoral (CNE) et endommagés des centres médicaux et des locaux du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV). Les autorités de l’Etat de Miranda, une région dirigée par Henrique Capriles, ont pour leur part affirmé que des individus proches du PSUV auraient attaqué le siège du gouvernement local et la permanence d’un parti d’opposition. Enfin, les locaux de certaines chaînes de télévision (VTV et Telesur) auraient également été ciblés par des manifestants.

L’origine de ces violences

Alors que Nicolas Maduro a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle lundi par le CNE, Henrique Capriles a refusé de reconnaître ce résultat, soupçonnant une fraude importante[1] en faveur du successeur d’Hugo Chávez, et a appelé ses partisans à « montrer leur colère »[2]. Des membres de l’opposition ont alors organisé des manifestations et des rassemblements, souvent pacifiques, mais ont également provoqué des débordements.

Ces troubles sont également la conséquence de la tension politique qui règne au Venezuela depuis l’annonce d’une élection présidentielle anticipée suite au décès d’Hugo Chávez le 5 mars dernier. Depuis cet événement, Nicolas Maduro et Henrique Capriles n’ont cessé de s’invectiver par médias interposés, contribuant ainsi à la détérioration du climat politique du pays. Hier encore, ces deux protagonistes se sont accusés mutuellement d’être à l’origine des violences, Nicolas Maduro affirmant ainsi que l’opposition tentait de mener un « coup d’Etat » alors qu’Henrique Capriles prétend pour sa part que le parti au pouvoir a provoqué ces troubles pour « éviter le recompte des voix ».

Un avenir proche incertain

L’opposition avait initialement convoqué un rassemblement massif aujourd’hui à Caracas, un événement auquel le nouveau Président s’était fermement opposé. Henrique Capriles a finalement appelé hier ces partisans à ne pas manifester et s’est déclaré disposé à entamer un dialogue pour résoudre la crise que traverse actuellement le Venezuela.

Si cette décision pourrait contribuer à apaiser la situation, de nouveaux troubles ne sont pas à exclure dans les prochains jours en cas de persistance de l’incertitude politique. En revanche, la reconnaissance des résultats électoraux par Henrique Capriles ou l’ouverture d’un dialogue entre le parti au pouvoir et l’opposition seraient susceptibles de mettre un terme à cette période de violences.


[1] Bien que plusieurs accompagnateurs internationaux aient confirmé le bon déroulement du scrutin et la fiabilité du système électoral vénézuélien.

[2] En ajoutant néanmoins que les manifestations devaient être pacifiques.

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