Colombie : Etat des lieux des négociations de paix

SIETE GUERRILLEROS DE LAS FARC SE DESMOVILIZAN EN CALI

La mort de 2 soldats et de 5 membres des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) au cours d’un affrontement survenu le 12 avril dans le département de Caquetá (Sud) rappelle que la Colombie est toujours le théâtre d’une guerre.

Bien qu’affaiblies[1], les deux principales guérillas d’inspiration marxiste du pays, les FARC et l’Armée de Libération Nationale (ELN), continuent en effet de mener des actions subversives (embuscades, attaques à la grenade, attentats à la voiture piégée,…etc) contre les forces de sécurité et les symboles de l’Etat colombien[2]. L’armée, pour sa part, organisent toujours des opérations contre les camps des guérilléros.

Un vent d’optimisme souffle pourtant sur la Colombie. Ainsi, depuis le mois de novembre dernier, les délégations du gouvernement et des FARC négocient à La Havane (Cuba) pour tenter de mettre fin à ce conflit qui a provoqué la mort d’environ 250 000 personnes en plus de quatre décennies. Jamais la possibilité d’un accord n’a semblé aussi forte dans l’historie de ce conflit.

Cependant, rien n’est acquis pour le moment et les discussions promettent d’être encore longues. Les deux camps ont ainsi prévu d’aborder 5 thèmes particulièrement controversés avant de parvenir à un éventuel accord final : le développement rural et agricole, la lutte contre le trafic de drogue[3], la participation des FARC à la vie politique, les droits des victimes et la fin des hostilités.

A plusieurs reprises, les deux parties se sont déclarées satisfaites du déroulement des pourparlers[4] et ont fait état d’avancées concrètes, sans toutefois préciser lesquelles. Le ministre de l’Intérieur a ainsi affirmé en mars que l’état d’avancement de ce processus ne pouvait être rendu public, au risque de compromettre les négociations.

Le Président colombien a pour sa part affirmé à plusieurs reprises son souhait de voir ces discussions aboutir avant novembre 2013. Juan Manuel Santos a également annoncé le 8 avril qu’il espérait qu’un processus similaire soit mis en place avec l’ELN, le deuxième groupe de guérilléros le plus important du pays.

Une grande partie du peuple colombien semble en tout cas croire dans ces négociations de paix. Ainsi, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté le 9 avril à Bogota et dans les autres villes du pays pour apporter leur soutien au processus de paix avec les FARC.


[1] Les FARC et l’ELN ont été considérablement affaiblies par la répression lancée à partir de 2002 par le précédent Président, Álvaro Uribe.

[2] Les attaques des groupes rebelles ont principalement lieu dans leurs zones de forte influence, c’est-à-dire les zones rurales des départements de Cauca (Sud-ouest), Nariño (Sud-ouest), Putumayo (Sud-ouest), Caquetá (Sud), d’Antioquia (Nord), Norte de Santander (Nord-est), Arauca (Nord-est), Chocó (Nord-ouest), Meta (Centre) et Tolima (Centre).

[3] Les FARC ont en partie délaissé la lutte idéologique au cours de la dernière décennie pour se consacrer à des activités criminelles comme le narcotrafic, l’extorsion et l’enlèvement.

[4] Le prochain cycle de négociations entre les deux délégations débutera au cours de la troisième semaine du mois d’avril.

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